"Un jour tout sera bien, voilà notre espérance : Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion." Voltaire

"Un jour tout sera bien, voilà notre espérance : Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion." Voltaire



Alors elle s'aperçut qu'elle n'avait plus rien à faire, jamais plus rien à faire. Toute sa jeunesse avait été préoccupée de l'avenir, affairée de songeries. La continuelle agitation de ses espérances emplissait, en ce temps-là, ses heures sans qu'elle ne les sentît passer. Puis, à peine sortie des murs austères où ses illusions étaient écloses, son attente d'amour se trouvait tout de suite accomplie. L'homme espéré, rencontré, aimé, epousé en quelques semaines, comme on épouse en ces brusques déterminations, l'emportait dans ses bras sans la laisser réfléchir à rien.
Mais voilà que la douce réalité des premiers jours allait devenir la réalité quotidienne qui fermait le porte aux espoirs indéfinis, aux charmantes inquiétudes de l'inconnu.
Oui, c'était fini d'attendre.
Alors, plus rien à faire, aujourd'hui, ni demain, ni jamais.
Elle sentait tout cela vaguement à une certaine désillusion, à un affaissement de ses rêves.


# Posted on Thursday, 22 May 2008 at 5:27 PM

La vie est pleine de ressources qui pourraient être amusantes si elles n'étaient pas déchirantes.

La vie est pleine de ressources qui pourraient être amusantes si elles n'étaient pas déchirantes.
Elle ronronna d'un air heureux et se blottit contre son corps chaud et nu. Être étendue dans ses bras était si incroyablement logique, chacune de leurs courbes s'imbriquaient parfaitement. Ils s'enfonçaient dans les draps doux, l'un dans l'autre, comme s'ils étaient faits l'un pour l'autre. Elle ne parvenait pas à croire comme elle se sentait bien avec lui, comme elle s'était toujours bien sentie avec lui. Elle enfouit son nez dans son oreille et il l'attira contre lui, remonta le drap sur leurs corps en sueur. Elle tendit les bras et enlaça son cou. A la minute où ses lèvres avaient touché les siennes et où leurs vêtements tombés, elle avait su qu'elle avait eu raison tout le long. Elle l'aimait sincèrement. Elle avait l'impression que cela allait la faire exploser, et qu'elle avait retenu les mots depuis si longtemps que tout ce qu'elle voulait faire, c'était les répéter encore et encore. Elle ne voulait plus se lever, jamais.
Et s'ils restaient dans les bras l'un de l'autre pour toujours ?

# Posted on Saturday, 12 April 2008 at 9:50 AM

Comme pour les martyrs, l'extase n'est atteinte que dans la souffrance et dans la mort.

Comme pour les martyrs, l'extase n'est atteinte que dans la souffrance et dans la mort.
Les images qui véhiculent l'éclat lumineux de l'amour et transmettent la violence de sa dégradation sont comme un coup porté en plein c½ur. Les feux du désir sont aussi explosifs que la poudre et font de la passion un poison dangereux. Aimer c'est jouer avec le feu. L'union de l'amour est jusqu'au bout comme un lien magique autant que fatidique. La vision poétique se trouve en accord avec les pulsations de l'émotion et du désir. L'amour s'oppose aussi à l'obscénité, comme une série de gestes ou de figures simples. Mais dans les joutes oratoires, les jeunes gens font assaut d'ingéniosité, un équivalent de duels et de rixes, où les provocations verbales ne sont pas moins importantes que des coups de lames.


# Posted on Wednesday, 26 March 2008 at 5:26 PM

Comprendre les gens et cerner leurs attentes, par là leurs idéaux, pour mieux peindre leur âme. La psychologie, la psyché, pour l'art et la philosophie.

Comprendre les gens et cerner leurs attentes, par là leurs idéaux, pour mieux peindre leur âme. La psychologie, la psyché, pour l'art et la philosophie.


La mort est, je dirais, chose commune : si on ne peut s'en relever avec le temps, elle devient prétexte au malheur ; comme toute douleur qui s'éternise. Si le bonheur est global car sans cesse remis en question, modalisé, si ce n'est pas une valeur constante ; il se décide pourtant. Et ceux qui voient le bonheur accessible l'ont démystifié de cette complaisance, ils le définissent souvent dans une succession de petits plaisirs simples, dans une harmonie générale, de soi avec soi, avec l'autre et le monde. Bien souvent on fait la différence entre les petits bonheurs et le bonheur absolu, parfait ; l'idéal, le rêve. Le bonheur reste avant tout un idéal qu'on se donne, qui se transforme, qui bouge, qu'on transporte en bagage avec soi, parfois la valise s'ouvre et nous le découvrons, parfois il n'est qu'un voile obscur qu'on cherche à lever en tâtonnant. L'idéal bonheur dépend évidemment du contexte où l'on se trouve : l'homme malheureux voit le bonheur comme une sorte d'étoile trop brillante qui ne se laisse pas atteindre, en réalité il se l'imagine avoir trop d'éclat et sa vision s'en trouve obscurcie ; croyant le bonheur élitiste et se croyant par contraste lui-même condamné à ne pas être élu, il ne cherche même pas à s'en rapprocher, car il n'est pas conscient que le bonheur élit moins qu'il ne se fait élire.



A l'expérience du miroir, se reflètent et fluctuent les angoisses jusque-là fondues dans les traits, elles ressurgissent le soir, dans la brume, s'esquissent elles-mêmes, sans qu'on les interpelle, à la lumière tamisée de mes pensées...

# Posted on Tuesday, 25 March 2008 at 4:55 PM

" Ces violents plaisirs ont une fin violente : Ils meurent lorsqu'ils triomphent : comme le feu et la poudre explosent en s'embrassant " Shakespeare

" Ces violents plaisirs ont une fin violente : Ils meurent lorsqu'ils triomphent : comme le feu et la poudre explosent en s'embrassant " Shakespeare
Amenant derrière lui les nuages de la nuit, il tire l'épais rideau, la nuit où l'on fait l'amour. Le soleil fuyard referme ses paupières ainsi, il se jette dans mes bras où, amants nous pouvons accomplir les rites de l'amour. Il parait que l'amour est aveugle de grâce, il s'accordent d'autant mieux avec la nuit et nous nous éclairons à notre propre beauté. Cache austère nuit avec ton habil noir la rougeur de mes joues jusqu'à ce que l'amour s'enhardisse. Et apprends que l'amour vrai est acte simple et chaste. Que le jour soit maudit car il révèle un démon qui me tourmente et c'est là une torture à faire hurler dans le terrible enfer. Ces images brèves ont décidés de mon malheur. J'ai vue sa blessure, de mes yeux je l'ai vue. C'était un pitoyable cadavre ensanglanté. Pâle, pâle comme la cendre, tout barbouillé de sang. Mon c½ur ruiné se brise. Je suis touché par un déchaînement de haine, je vous punirai d'une amende si forte que vous regretterez la perte que vous m'avez fait subir. Je serais sourds à vos plaidoyers comme à vos excuses. Ni pleurs, ni prières ne rachèteront ce crime. Car il faut maintenant quelqu'un pour payer la perte de ce sang précieux.

# Posted on Tuesday, 25 March 2008 at 3:06 PM

Edited on Tuesday, 25 March 2008 at 5:00 PM